Juste un p'tit mot ou enfin un sentiment aujourd'hui ...
Un sentiment pas très chouette, une pensée que je voulais partager avec vous, un peu comme si je venais m'allonger sur votre canapé, à vous, membres de ma basse cour, comme si vous étiez mon thérapeute.

Aujourd'hui c'est ce volet moins drôle, moins piquant et plus profond que je vais montrer, et bien que rare c'est puissamment déstabilisant.

Je suis toujours en arrêt maladie et donc l'ombre de moi même ces derniers temps. 
J'ai du mal à reprendre le dessus, l'anesthésie m'a flinguée, je dors beaucoup, m'ennuie parfois, lis des tas et me défonce à la télé, aux cachetons anti douleur et tente tant bien que mal de suivre le cours des choses normalement.

J'ai toujours les mêmes gènes, le même patrimoine ADN, nerveux et sanguin comme tu le sais depuis que tu viens ici.

Je m'emporte vite, j'ai toujours été comme ça. Les injustices et autres conneries de bas étages me révoltent et je m'insurge régulièrement de la connerie humaine.

J'ai souvent de la peine a retrouver mon calme quand ça dérape fort mais Mr Mimine aidant j'arrive à relativiser et à me faire une raison : le plus souvent.

Là sur ce coup, j'ai du mal ... franchement !

Si t'as suivi, je me suis retrouvée en catastrophe lundi 2 mai à l'hopital pour y subir une double opération et m'y suis retrouvée coincée pendant 3 jours. 
Dès lundi soir lors de mon admission Mr Mimine a téléphoné à mes parents-employeurs pour leur annoncer que j'étais hospitalisée et qu'il leur donnerait des nouvelles fraîches des qu'il en aurait, qu'il ne savait pas ni ce que j'avais ni quand je serais dehors et que donc il fallait qu'ils trouvent à faire garder leurs bébés par quelqu'un d'autre que moi les prochains jours.

Avec lui les 3 familles ont été très cordiales laissant présager une bonne compréhension de leur part. Me souhaitant un bon courage et le plus prompt rétablissement.

Dès le lendemain et alors que j'étais encore foncièrement shootée par les médocs et avachie dans mon lit au 7ème étage de l'hosto les textos de deux des mères des bébés ont commencé à arriver ...

L'une pour que je lui donne des noms d'assistantes maternelles qui seraient susceptibles de me remplacer, l'autre voulant, sous couvert de prendre des nouvelles, savoir quand je sortais et à partir de quand je serais en mesure de reprendre sa môme ?

J'ai répondu clairement à la première que je n'étais pas de retour chez moi, que je n'avais aucun document ni aucun nom à lui fournir et à la seconde que je ne savais pas quand je sortirais ni combien de temps j'allais être en arrêt.

J'ai commencée à être déçue à ce moment là, pensant qu'elles ne pensaient bien qu'à leur pomme. 
C'est peut être compréhensible, après tout, mais moi, j'aurais d'abord envoyé un message demandant des nouvelles de l'ass mat et après avoir eu sa réponse j'aurais enchaîné plus tard sur son arrêt de travail pour ne pas justement qu'elle ne se sente comme j'ai pu me sentir : une tire au flanc, une déserteuse, une merde !

J'en ai parlé avec une amie qui à eu le même sentiment que moi, que les parents n'avaient de coeur et d'yeux que pour leur propre situation et que je n'etais qu'une salariée en arrêt qui leur posait un problème.

Dès les jours suivants, la première des mères m'a envoyé un message par jour pour toujours me demander des noms de potentielles remplaçantes. J'ai fini par lui retourner une réponse un peu plus cinglante disant que j'étais alitée et que je n'avais personne à lui recommander, qu'il fallait qu'elle se débrouille en contactant le conseil général ou la mairie. Comment avait t'elle fait avant de me connaître pour avoir la liste des nounous de son quartier ? 

J'étais épatée de voir à quel point elle attendait de moi, hospitalisée et douloureuse, que je lui mâche encore le boulot !

La seconde maman m'a envoyé un texto le lendemain , toujours pour connaître l'avancée de mon état. Dès lors qu'elle a su que j'avais 13 jours de convalescence elle s'est mise en tête de me remplacer DÉFINITIVEMENT !

Si si !!!

Et même après que j'ai commencé la periode d'adaptation à mon domicile, le lundi de mon hospitalisation.

Le jeudi, dès que je suis sortie de l'hopital, je lui ai téléphoné pour lui demander des comptes et lui dire que tout ça n'etait pas très fair-play !
Elle m'a juste répondu qu'il lui était difficile de penser que son bébé n'en pâtirait pas de devoir changer de nounou 3 fois en 15 jours tout ça parce que j'étais malade. Elle m'a dit me tenir au courant et m'a laissé comme ça, dans le flou artistique le plus total sans savoir si je garderais cet emploi ou non alors que le contrat était signé ! Pendant les heures qui ont suivi, je suis passée par plusieurs états. Après la déception, la tristesses, les larmes, la rage ... J'ai hurlé à l'injustice dans les oreilles de mon mari, criant au scandale et à cette putain de loyauté morte depuis des lustres !

La première des mamans n'a jamais donné signe de vie depuis ma réponse l'envoyant se démérder toute seule. Elle a du trouver quelqu'un pour prendre sa fille et comme elle n'a plus besoin de moi, ne s'attarde même plus à demander de mes nouvelles ... Je dois reprendre le travail avec sa fille vendredi 20, je ne sais pas si j'arriverai à lui accorder un sourire ... Elle est infirmière de métier, je la pensais plus compatissante ...

La seconde des mamans, est revenue vers moi dès le lendemain de mon appel avec un message me demandant de les recevoir, elle et son conjoint, chez moi, pour discuter car elle venait soit disant de trouver une solution. 

Chez moi !
Son employée !
Alors que je sors de l'hopital !
Alors que je suis en arrêt !

J'ai encore une fois fondu un plomb, m'égosillant à me faire sauter les sutures qu'ils n'avaient aucun respect des gens, de la vie privée et de mon état. Mr Mimine m'a forcée à la boucler, à me calmer, me disant que c'était comme ça, dans tous les métiers, entre tous les gens, que c'était marche ou crève comme il dit et que si je voulais garder cet énorme contrat, avoir des sous pour partir en vacances ou faire ce qu'il me plairait de faire avec je devais la fermer, faire le dos rond et attendre de savoir à quelle sauce je serais mangée le lendemain.

J'ai donc pris sur moi un noeud à l'estomac, une fois de plus, courbant l'échine comme un gentil toutou obéissant mais bouillonnant à l'interieur et je les ai reçu, aimable juste le strict minimum, mal fringuée, me traînant comme une vieille en me tenant le ventre douloureusement, pas coiffée, un samedi matin à 9h30 alors que je sortais de soins intensifs et que j'étais en convalescence, pour m'entendre dire quoi ?

Qu'ils n'avaient pas trouvé d'assistante maternelle pour me remplacer pour toujours, seulement une qui prendrait leur fille pour le temps de mon repos forcé et que donc ils souhaitaient voir avec moi pour finaliser la signature du contrat, repousser la periode d'essai et me donner les horaires de travail de la semaine de ma reprise !

J'étais contente à l'interieur de ne pas perdre ce contrat pour lequel je m'étais battue mais j'avais envie de vomir tellement j'ai trouvé l'approche dégueulasse.

Avant ce problème, elle me voulait moi.
Elle m'avais annoncé que j'avais remporté le contrat en tant que nourrice de sa fille comme une victoire sur les autres, moins compétentes que moi d'après son propre jugement.
Et après m'avoir tenue en haleine pendant 2 mois ... Pendant de longues semaines j'avais été en compétition avec les autres ass mat de la commune tant sur les gestes quotidiens de change ou de repas, que les relations que j'entretiens avec mes autres bébés, les automatismes qui seraint les miens en cas de problème, l'inspection de mon domicile etc ...
Quand des parents cherchent une nounou il faut qu'on se rencontre, qu'on discute, qu'on échange sur les intérêts de l'enfant, des parents, le rôle et les droits et devoirs de chacun. D'habitude on  fait deux voir trois rendez vous et tout est dit. Je conçois qu'avec certains ce soit plus fastidieux qu'avec d'autres mais là, ça avait été une épreuve, me disant en quart de final, puis en demie, puis en finale. Me demandant des rendez vous pour venir m'osculter pendant mon travail, m'astreignant à de mieilleux ronds de jambes et à des courbettes forcées et m'obligeant à être disponible, soumise et docile comme je déteste l'être. C'est un premier enfant et la mère a souhaité passer les 6 premiers mois de sa fille avec elle. Elle est donc plus décisive, plus pointue dans ses attentes, peut être ... à moins que ce n'ait été qu'un trait de caractère poussé au maximum du à sa nouvelle fonction puissante d'employeur et à une subite envie de dictature.
Quoi qu'il en soit, j'avais été contente de voir se terminer tout ça et ravie d'avoir remporté la coupe qui me donnerait un revenu supplémentaire non négligeable. 

Mais ce matin là, pieds nus en liquette de sommeil, assise en face d'eux dans mon séjour, j'ai eu un haut le coeur. Je les ai trouvé tout d'un coup d'une méchanceté cruelle. J'ai pris conscience de n'être qu'une pauvre ass mat employée d'un couple sans aucun scrupules et d'un désintérêt total pour tout ce qui faisait mon statut.
Banquiers tous les deux j'ai vu leurs vrais visages. J'ai lu en eux comme si ils m'avaient ouvertement dit que mon état ne les intéressait pas et que si ils avaient pu me planter ils l'auraient fait sans sourciller.

Les gens sont pitoyables et impitoyables, assistés et/ou dénués de tout sens moral, les gens sont personnels, agressifs et méchants. Ils n'ont de compassion ni pour leurs congénères ni même pour ceux qu'ils embauchent pour s'occuper de la chair de leur chair ! Ils sont abjects et répugnants. Les gens sont décourageants, détestables et grossiers. Je trouve honteux le peu de compassion et d'ampathie qu'ils ont pour leurs semblables. 

Jamais je ne me serais permise de faire le quart de ce qu'ils me font. Je n'en aurais pas eu le cran. 
L'espèce humaine est bien médiocre !
J'espère sincèrement qu'un jour, ces personnes se verront vivre ce genre de situation et qu'ils repenseront à ce que j'ai pu ressentir ce jour là.
Qu'ils se sentiront mal, trahis et viscéralement tristes et qu'ils regretteront leurs actes.

La roue tourne comme on dit ...

Je vais m'en remettre, je vais rembaucher mardi en souriant parce que je me dirai que je vaux mieux que ces gens là. Je vais accueillir la mère qui me réclamait des noms sans lui en parler et les parents de cette nouvelle petite en leur certifiant que je ferais le maximum pour le bien être de leur fille. Mais au fond de ma tête, à l'interieur je serais blessée, profondément blessée. Et j'attendrais le prochain coup bas persuadée qu'il arrivera bientôt ... tout en le prenant de nouveau de plein fouet j'en suis sûre.

Je n'ai jamais voulu faire ce métier précaire que je déteste mais je l'ai toujours fait le plus consciencieusement possible. 
J'ai envie de garder ce job parce qu'il correspond à mes attentes vis à vis de ma propre famille, cette disponibilité pour les miens, et cette solitude à la maison que j'aime tant. 
J'ai toujours pensé que c'était un travail mal respecté et j'ai eu l'amère expérience de me le faire confirmer.

Dans mon malheur mes amis me soutiennent, ma famille aussi et j'ai pu au moins me rendre compte que je n'etais pas la seule à voir en ces gens d'indélicats et rustres primitifs irrespectueux.

J'étais partie pour écrire un petit mot et je me rends compte avoir écrit 2 pages ...

Désolée, fallait que ça sorte ...

Ça fait du bien, même si ça me reste sur le jabot comme on dit, je me sens découragée à vrai dire, comme si j'avais enfin pris conscience que tous les gens ne sont pas bons. J'ai toujours pensé que si j'étais plutôt gentille avec les autres, ils le seraient avec moi, j'ai eu la preuve par 9 que ce n'était pas le cas ...

Hier soir, ces parents particuliers sont revenus vers moi me demandant de travailler 2 heures le lundi de Pentecôte, jour férié et veille de ma reprise pour que leur fille s'habitue avant de reprendre une journée complète ... la série continue ... aucune retenue, aucun égard, une tentative de plus de passer en force, de me montrer que je suis à leur service comme un pion que l'on déplace à sa guise ...
J'ai encaissé - encore - Mr Mimine m'a interdit de répondre immédiatement quelque chose que j'aurais pu regretter. On a réfléchi ensemble à une réponse cordiale, poile mais néanmoins claire et tranchée que je ne travaillais pas lundi car c'était un jour férié et que je souhaitais de plus, reprendre mardi en pleine forme après la totalité de mon arrêt maladie. La mère a répondu qu'elle comprenait et je me suis vue informée que leur fille ne viendrait que la matinée les 2 jours suivants pour une petite adaptation et qu'ils allaient s'arranger.'

Micro victoire ... avant la prochaine bataille !
 
Beusouilles ma basse cour

Mimine